60 ans d’expérience en alimentation formulée par des vétérinaires
L'arthrose est l'une des affections chroniques les plus fréquentes en médecine vétérinaire canine. Affection dégénérative des articulations, elle se manifeste par une usure progressive du cartilage, entraînant douleurs, raideurs et perte de mobilité, et touche près d'un animal senior sur deux selon plusieurs études vétérinaires. L’arthrose ne se guérit pas, mais elle peut être ralentie et soulagée grâce à une prise en charge adaptée. Comprendre ses mécanismes, savoir la reconnaître et connaître les options thérapeutiques disponibles sont des éléments essentiels pour tout propriétaire soucieux du bien-être de son animal.
L'arthrose est une maladie dégénérative irréversible qui peut toucher tous les chiens, mais certains profils tel que les races lourdes, animaux âgés ou obèses, y sont nettement plus exposés.
L'arthrose résulte d'un déséquilibre entre la dégradation et le renouvellement du cartilage articulaire. Ce tissu, qui assure l'amortissement et le glissement des surfaces osseuses, s'use progressivement sous l'effet de contraintes mécaniques répétées ou de facteurs inflammatoires. À mesure que le cartilage s'amincit, les os se rapprochent, générant douleur, inflammation locale et perte de mobilité. Des excroissances osseuses peuvent également se former, aggravant la gêne articulaire. Ce processus est irréversible, ce qui justifie l'importance d'une détection aussi précoce que possible.
Les causes sont souvent multiples : la vieillesse et l'obésité sont les principaux facteurs favorisants, mais l'arthrose peut aussi être la conséquence d'une dysplasie de la hanche ou du coude, d'une luxation de la rotule ou d'une ostéochondrose. Certaines races sont génétiquement prédisposées : le Labrador Retriever, le Berger Allemand, le Rottweiler ou le Saint-Bernard sont particulièrement concernés, leur poids élevé exerçant une pression supplémentaire sur les articulations. Mais les petites races ne sont pas épargnées : le Teckel, en raison de son dos long, ou le Caniche, prédisposé à la luxation de la rotule, peuvent également souffrir d'arthrose.
Les signes d'arthrose sont souvent confondus avec les effets normaux du vieillissement, ce qui retarde fréquemment la pose du diagnostic et la mise en place d'un traitement.
Les premiers signes sont souvent discrets et facilement attribués au simple vieillissement : raideur au lever, difficulté à monter les escaliers ou à sauter, réticence à l'effort... Dans les formes plus avancées, on observe des boiteries, des douleurs articulaires marquées et une baisse significative de l'activité générale. Une absence de symptômes évidents n'exclut pas la maladie.
Le diagnostic repose sur l'examen clinique et l'imagerie, la radiographie restant l'examen de référence pour visualiser la réduction de l'espace articulaire et les remaniements osseux caractéristiques. La détection précoce est essentielle : plus le diagnostic est posé tôt, plus il est possible de ralentir la progression de la maladie et de préserver la mobilité. Des bilans de santé réguliers sont recommandés, en particulier chez les chiens âgés ou appartenant à des races prédisposées.
|
Stade |
Signes observés |
Impact sur le quotidien |
|
Débutant |
Raideur au réveil, hésitation à monter les escaliers, diminution légère de l'activité |
Peu visible, souvent confondu avec le vieillissement |
|
Modéré |
Boiterie occasionnelle, difficulté à sauter dans la voiture ou sur le canapé, fatigue plus rapide lors des promenades |
Réduction progressive de l'activité physique |
|
Avancé |
Boiterie persistante, douleurs marquées, difficultés à se lever ou à se coucher, perte musculaire |
Forte diminution de la mobilité et de la qualité de vie |
|
Sévère |
Refus de se déplacer, douleurs chroniques importantes, dépendance accrue à l'aide du propriétaire |
Altération majeure du bien-être de l'animal |
La prise en charge de l'arthrose est multimodale : elle associe traitements médicamenteux, compléments alimentaires et adaptations du quotidien pour préserver au mieux la qualité de vie de l'animal.
Les anti-inflammatoires non stéroïdiens restent les médicaments les plus couramment prescrits pour soulager la douleur et réduire l'inflammation. Ils sont utilisés lors des poussées douloureuses ou en traitement de fond, toujours sous surveillance vétérinaire en raison des effets potentiels sur les reins et le foie.
Le Librela® (bedinvetmab) représente une avancée majeure dans la prise en charge de la douleur arthrosique chez le chien. Ce traitement, basé sur un anticorps monoclonal ciblant le NGF (Nerve Growth Factor), permet un soulagement efficace, avec un profil de tolérance généralement favorable, notamment chez les animaux âgés ou présentant des comorbidités rénales ou hépatiques. Cependant, son mécanisme d’action repose sur le blocage du signal douloureux sans agir directement sur les processus dégénératifs de l’arthrose. Ainsi, il peut conduire certains chiens à solliciter davantage leur articulation atteinte, ce qui, dans certaines situations, risque d’accélérer la dégradation articulaire. Pour cette raison, le Librela® n’est généralement pas recommandé en première intention, en particulier chez les chiens jeunes ou aux stades précoces de la maladie.
En complément, les chondroprotecteurs (glucosamine, chondroïtine, collagène) et les acides gras oméga-3 s'inscrivent dans une stratégie préventive de long terme visant à soutenir la santé articulaire et à limiter l'inflammation, sans remplacer les traitements médicamenteux lors des phases douloureuses.
La gestion de l'arthrose ne se limite pas à la pharmacologie. L'hydrothérapie est l'une des approches les plus bénéfiques : la flottabilité réduit la charge sur les articulations de 60 à 80 % tout en permettant un exercice cardiovasculaire complet. La physiothérapie et l'ostéopathie vétérinaire contribuent également au maintien de la mobilité. Au quotidien, des aménagements simples tels que tapis antidérapants, rampes d'accès, couchage orthopédique, mais aussi une activité physique douce et régulière améliorent sensiblement le confort de l'animal.
Pour tout signe évocateur d'arthrose, la consultation vétérinaire reste l'étape incontournable.
|
Approche |
Objectif |
Exemples |
|
Médicamenteuse |
Soulager la douleur et l'inflammation |
AINS, Librela® |
|
Nutritionnelle |
Réduire l'inflammation et soutenir le cartilage |
Oméga-3, glucosamine, chondroïtine, collagène |
|
Contrôle du poids |
Diminuer la pression sur les articulations |
Programme de perte de poids, alimentation adaptée |
|
Rééducation fonctionnelle |
Maintenir la mobilité et la masse musculaire |
Hydrothérapie, physiothérapie |
|
Aménagement du domicile |
Faciliter les déplacements et prévenir les chutes |
Rampes, tapis antidérapants, couchage orthopédique |
L'arthrose canine est une réalité que tout propriétaire de chien, en particulier de chien âgé ou de grande race, doit apprendre à reconnaître et à anticiper. Si la maladie ne se guérit pas, une prise en charge précoce, multimodale et encadrée permet de ralentir son évolution, de soulager la douleur et de préserver une qualité de vie satisfaisante.
Les signes les plus fréquents sont une raideur au lever, une diminution de l’activité physique, des difficultés à monter les escaliers ou à sauter, ainsi qu’une boiterie plus ou moins marquée. Un examen vétérinaire est nécessaire pour confirmer le diagnostic.
L’arthrose est plus fréquente chez les chiens âgés, mais elle peut apparaître plus tôt, notamment chez les animaux souffrant de dysplasie, de malformations articulaires ou ayant subi un traumatisme.
Oui. Le surpoids augmente les contraintes exercées sur les articulations et favorise l’inflammation, ce qui accélère l’apparition et la progression de l’arthrose.
Les grandes races comme le Labrador Retriever, le Berger Allemand, le Rottweiler ou le Saint-Bernard sont particulièrement exposées. Certaines petites races, comme le Teckel ou le Caniche, peuvent également être concernées en raison de prédispositions spécifiques.
Non, l’arthrose est une maladie chronique irréversible. En revanche, une prise en charge adaptée permet de ralentir son évolution, de réduire la douleur et d’améliorer la qualité de vie du chien.
Il n’existe pas de traitement unique. La prise en charge repose généralement sur une combinaison de médicaments antidouleur, de contrôle du poids, de compléments alimentaires et de rééducation fonctionnelle, adaptée à chaque animal.
Le Librela® permet de soulager efficacement la douleur liée à l’arthrose chez de nombreux chiens. Toutefois, il n’agit pas directement sur la dégradation du cartilage et son utilisation doit être discutée avec le vétérinaire en fonction du profil de l’animal.
Oui. Une activité physique douce et régulière aide à maintenir la mobilité, à préserver la masse musculaire et à limiter l’enraidissement articulaire. Les exercices intenses ou les efforts brusques doivent en revanche être évités.
Les compléments contenant de la glucosamine, de la chondroïtine, du collagène ou des oméga-3 sont fréquemment utilisés pour soutenir la santé articulaire et compléter la prise en charge globale.
L’installation de tapis antidérapants, de rampes d’accès, d’un couchage orthopédique et le maintien d’un poids optimal peuvent considérablement améliorer le quotidien d’un chien arthrosique.

Rédigé par Louise Boyer Chammard et Provéto Junior Conseil
·
· Johnston, S.A. « Osteoarthritis : joint anatomy, physiology, and pathobiology ». Veterinary Clinics of North America: Small Animal Practice, 1997 ; 27(4) : 699–723.
· Innes, J.F. « Arthritis and joint disease ». Journal of Small Animal Practice, 2012 ; 53(1) : 2–11.
· Enomoto, M., et al. « Bedinvetmab, a canine anti-NGF monoclonal antibody, for the treatment of pain from osteoarthritis in dogs ». Journal of Veterinary Pharmacology and Therapeutics, 2022 ; 45(5) : 99–112.
· ANSES. Librela® – Évaluation et autorisation de mise sur le marché, 2021. Disponible sur : anses.fr
· Mlacnik, E., et al. « Effects of weight reduction in obese dogs with osteoarthritis ». Journal of Small Animal Practice, 2006 ; 47(10) : 580–585.
· Sharp, B. « Feline physiotherapy and rehabilitation ». Journal of Feline Medicine and Surgery, 2012 (applicable aux canins) ; principes transposés à la rééducation vétérinaire.
Sommaire
Économisez avec l’abonnement
20% de réduction + livraison offerte sur la première commande en abonnement, puis profitez de 15% à vie !
Continuez votre lecture